jeudi 20 novembre 2014

En fin de semaine, j'achète un livre de La courte échelle au Salon du livre de Montréal





Vous ne me verrez pas souvent relayer une info venue de l'Uneq puisque, comme chacun le sait, je ne suis plus membre.

De plus, vous ne me verrez pas souvent faire la promotion du magasinage de cadeaux de Noël parce que je suis contre.

Mais en fin de semaine, je vais m'arrêter au kiosque 279 du Salon du livre et je vais y acheter des livres publiés par La courte échelle pour donner en cadeaux de Noël. Pourquoi je ferai ça? Parce que les auteurs et illustrateurs de La courte échelle recevront leurs redevances sur les livres vendus pendant le Salon du livre de Montréal. Juste au Salon du livre de Montréal!

Si vous avez à coeur la rémunération des auteurs et des illustrateurs, v'là votre chance de poser un geste significatif.

N'hésitez donc pas à partager cette info. Je sais pas vous, mais moi, je trouve ça pas mal plus efficace que de cliquer J'aime sur une page Facebook.

Source: http://www.uneq.qc.ca/nouvelles-communiques/des-auteurs-et-illustrateurs-de-la-courte-echelle-seront-presents-au-salon-du-livre-de-montreal/

Des auteurs et illustrateurs de La courte échelle seront présents au Salon du livre de Montréal


Montréal, le 14 novembre 2014 - L’Union des écrivaines et des écrivains québécois lance une initiative, en partenariat avec Illustration Québec, pour soutenir les auteurs et les illustrateurs de La courte échelle durement éprouvés par la faillite de la maison d’édition. Des ouvrages publiés à La courte échelle seront disponibles à la vente qui se tiendra tambour battant au stand 279
.

Avec plus d’une centaine de milliers de visiteurs chaque année, le Salon du livre de Montréal qui s’ouvre dans quelques jours est une occasion inespérée pour démontrer notre solidarité à l’endroit de ces créateurs qui nous offrent une littérature de grande qualité et qui ont donné à La courte échelle l’essor extraordinaire qu’elle a connu. Nous tenons à souligner que les auteurs recevront leurs redevances pour chaque livre vendu.

C’est donc un rendez-vous au stand 279 pour le grand public et les lecteurs assidus désireux d’exprimer de vive voix leur appréciation pour cette fabuleuse aventure de La courte échelle.

Des séances de signature seront organisées. L’horaire de ces séances sera annoncé sur le site du Salon du livre de Montréal, de l’UNEQ et d’Illustration Québec, et sera relayé sur les réseaux sociaux.

Le stand 279 sera à coup sûr un incontournable du Salon du livre de Montréal cette année, l’épicentre d’un mouvement de sympathie que nous souhaitons à la mesure du talent que La courte échelle nous a donné le plaisir de découvrir.

jeudi 6 novembre 2014

Mes aventures avec La courte échelle



Aujourd'hui, je devais vous parler des toilettes publiques à Tokyo (Oui, oui! J'ai des choses à dire là-dessus pour vrai!). J'ai décidé de reporter ça à la semaine prochaine parce que j'ai lu cet article de La Presse de mercredi sur les déboires financiers de La courte échelle pis que j'ai envie de déchirer ma chemise sur mon blogue. Lecteurs, soyez avertis.

Sachez premièrement que je sais de quoi je parle. J'ai publié à La courte échelle de 2004 à 2009. Grâce à la confusion qui régnait déjà au sein de cette maison d'édition, la responsable a fini par me proposer, après quelques séances de négociation avec mon agent, une licence de 5 ans pour mon roman Mystique. On en demandait une de dix ans. Allez donc comprendre! Je ne me suis pas opposée à cette offre, vous l'imaginez, mais je n'aurais jamais imaginé à quel point la vie venait de me faire un cadeau.

Dès le début c'est mal allé. Non seulement on ne m'a jamais demandé mon avis pour la couverture, mais j'ai vu mon roman pour la première fois dans une librairie. Je ne savais même pas quand il sortait! Je vous laisse imaginer ma surprise quand j'ai lu, à la page 3, la biographie (la mienne!) qu'on avait écrite sans m'en parler. 

On ne m'a pas davantage donné la quantité du premier tirage. Et puis un jour, j'ai réalisé que mon roman avait été réimprimé en comparant la couverture de deux exemplaires. J'ai téléphoné au bureau pour me faire répondre qu'on n'avisait jamais les auteurs quand il y avait des réimpressions. On n'avait pas que ça à faire, quand même!

Il m'était donc impossible de savoir combien de livres étaient en circulation. Impossible, aussi, de vérifier même au pif le contenu de mon relevé de droits d'auteur. Ce relevé, d'ailleurs, était tellement illisible que même mon agent, qui a un MBA, n'y comprenait rien. Et quand il a posé des questions concernant certaines colonnes de chiffres qui n'avaient aucune cohérence, la responsable lui a répondu de ne pas tenir compte de ces colonnes. Parfois, la vente d'un exemplaire me rapportait 1, 50$. Parfois, 0, 25$. La différence était importante, mais jamais justifiée.

Pas une fois pendant les cinq années que j'ai passées à La courte échelle je n'ai été payée à temps. Même que souvent, j'ai dû envoyer des lettres recommandées. Même que j'ai dû demander l'intervention de l'Uneq dont le président à l'époque publiait lui aussi à La courte échelle. Étrangement, pendant trois années consécutives, mes redevances s'élevaient au même montant. À la cenne près!

À force de chialer et d'envoyer des lettres, j'ai reçu des chèques postdatés de trois mois pour un montant de 1000$. Mille dollars! Même moi, qui travaillais à mon compte comme écrivaine, j'étais capable de faire un chèque de mille piastres sans avoir à le postdater!

Finalement, six mois avant la fin de la licence, j'ai envoyé à La courte échelle un avis de non-renouvellement de la licence, et on a mis un terme à notre relation d'affaires.

Je pensais sérieusement que c'était réglé et j'ai pris une entente avec Soulières éditeur. Mais voilà qu'au Salon du livre suivant, La courte échelle vendait encore des exemplaires de mon roman... sans me payer la moindre redevance. Il a fallu une mise en demeure pour que la balance des stocks soit pilonnée et que mon roman soit enfin libre de refaire sa vie ailleurs.

Pourquoi je vous raconte tout ça? Parce que quand mon agent a appris la faillite de La courte échelle, son premier commentaire a été: «Wow! Ça en a pris du temps!»

C'est vrai que La courte échelle est la maison d'édition qui a bercé d'histoires et d'images l'enfance de bien des Québécois. Sauf qu'il s'agissait d'une autre Courte échelle parce que, dans ce temps-là, elle payait son monde.

Toutes mes pensées vont aux auteurs et aux illustrateurs pris dans le litige, ceux qui non seulement ne touchent pas leurs redevances, mais dont les livres sont, en plus, prisonniers de la faillite. Parce que ces auteurs ne possèdent pas les droits de leurs romans. Ces droits appartiendront à l'entreprise qui rachètera La courte échelle, avec sa dette.

Je pense tous les jours à vous, chers collègues, et je me dis, bien égoïstement, il est vrai, que je l'ai échappé belle.