mercredi 9 mars 2016

L'auteur Bruno Hébert est-il un imbécile? Je ne pense pas.


Lundi, paraît-il, l'auteur Bruno Hébert s'est fait voler son ordinateur dans sa maison d'écriture à Contrecoeur. (Tous les détails ici.)

Ledit ordinateur contenait un roman sur lequel Bruno Hébert travaillait depuis quatre ans. Le pauvre s'en veut; il n'avait pas fait de back-up. Ça me rassure. Le fait qu'il soit capable de nous dire qu'il n'avait pas de back-up prouve qu'il connaissait l'existence des copies... même s'il n'a jamais pensé en faire lui-même.

Le problème, c'est que je ne le crois pas.

Un auteur qui travaille pendant quatre ans sur un vieil ordinateur, qui n'imprime pas le texte, qui ne le copie pas sur une clé USB ou qui ne se l'envoie pas par courriel est un imbécile. Car le premier danger qui guette son roman n'est pas le vol (même s'il ne verrouille pas les portes de sa maison!). Le premier danger qui le guette, c'est un bris sur l'ordinateur. Le deuxième, un virus. Le troisième, un incendie. Et enfin, si l'auteur est vraiment mal chanceux, quelqu'un entrera chez lui et volera sa vieille machine dont il ne pourra, paraît-il, pas tirer 200$. Bref, le tremblement de terre en Haïti aurait eu plus de chance d'emporter le roman de Bruno Hébert qu'un voleur qui aurait pénétré chez lui même pas par effraction.

Voyez-vous, j'aurais plutôt tendance à voir dans cette sortie médiatique deux raisons qui ont beaucoup plus de bon sens à mon avis.  

La première raison, c'est le coup médiatique, justement. Il y a quelques années, Éric Lapointe a fait quelque chose du genre en se faisant arrêter par la police la veille de la sortie de son nouvel album. Par un heureux «hasard», l'album en question s'intitulait Coupable.  Les médias en ont en masse parlé.

Bruno Hébert prétend que son roman devait sortir au printemps ou à l'automne. Dans un cas comme dans l'autre, on ne peut pas imaginer que son éditeur n'ait pas vu de quoi il s'agissait. Au moins un peu.  Même que si ledit roman devait sortir au printemps, il me semble certain que l'éditeur l'aurait eu entre les mains depuis longtemps. On ne parle pas des Éditeurs réunis, ici, le roman ne serait pas sorti en moins de deux mois! Et le printemps, je vous le signale, il commence dans deux semaines.

L'autre raison me vient de mon expérience d'enseignante. Quand j'étais prof, au moins une fois par année, un élève qui n'avait pas fait un travail important me servait l'excuse:  «Mon chien a mangé ma copie.».  Si un de ces élèves, devenu auteur aujourd'hui, devait remettre un manuscrit à son éditeur et que ledit manuscrit n'était pas encore prêt, on pourrait imaginer qu'il prétendrait s'être fait voler son ordinateur.  Surtout si son éditeur lui avait déjà versé un gros à-valoir pour lui permettre d'écrire à son aise.

En tout cas, la dernière chose qu'on pourrait me faire croire, c'est que Bruno Hébert est un imbécile qui vit dans son petit monde personnel où les virus n'existent pas. Ni les bris chez les vieux ordinateurs. Ni les incendies.

Je n'ai cependant pas besoin de vous dire ce que je pense qu'il pense de nous.

10 commentaires:

  1. J'ai pensé la même chose, mais je n'ai pas osé l'écrire noir sur blanc.
    Hâte de voir si un jour on saura le fin fond de l'histoire.

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  2. Je suis parfaitement d'accord avec ton analyse de la situation. Je suis en plein problèmes d'ordinateur présentement. C'est la plaie #1 de l'écrivain! Alors un écrivain d'expérience qui ne prendrait aucune précaution...

    Veux-tu me gratter le dos? Ça me démange, là, juste en dessous de ma poignée de valise...

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  3. Si c'est un "coup médiatique", pourquoi ne pas être carrément créatif, original. Une campagne publicitaire établie sur un tel bluff, pas sûre! Ils vont avoir l'air fin quand le livre paraîtra.

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  4. Ouais... J'avoue que je n'avais pas poussé la réflexion. C'est sûr qu'un truc du genre fait connaître un auteur. En 2007, mon disque dur a sauté, et j'ai tout fait pour récupérer un roman sur lequel je planchais depuis des mois. Sur papier, j'avais malgré tout le plan entier et détaillé, ainsi que des scènes charnières qui prouvaient bien mon malheur. La douleur a été si grande que je n'ai pas retouché à ce roman depuis. Quand je le ferai, il n'en sera que meilleur ;)

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  5. Bonjour ! Vous ne me connaissez pas, mais je suis votre blogue régulièrement. Vous avez vu ça ? Il vient de retrouver son ordinateur...
    http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/arts_et_spectacles/2016/03/10/002-bruno-hebert-roman-ordinateur-vole-retrouve.shtml

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    1. Quel bel adon! Il doit être vraiment content.

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    2. Surtout que le gars qui a acheté l'ordi sans savoir qu'il avait été volé, le lui a ramené plein, avec tous les documents.

      Il est chanceux, Bruno. Dans mon quartier, quand il y a des vols d'ordinateur, on en efface le disque dur avant de le revendre.

      La prochaine fois que je me fais voler, je veux un voleur comme ça.

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    3. C'est exactement ce que je me suis dit. Quant à moi, le disque dur pas effacé, c'est un peu tiré par les cheveux...

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    4. J'espère que l'intrigue de son roman sera plus crédible que le reste de cette histoire... :p

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